L'Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) a lancé officiellement jeudi "La promo 16-18", un programme destiné à remobiliser 35.000 mineurs en décrochage scolaire par un accompagnement pendant quatre mois pour mettre en place un projet d'insertion professionnelle et sociale.
Dans le cadre de l'obligation de formation des 16-18 ans, en vigueur depuis septembre, ce projet a été inauguré à Châteauroux (Indre-et-Loire) par les ministres de l'Emploi, Elisabeth Borne, et de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer.
Lancé dans les faits depuis la mi-novembre, le programme permet déjà à 500 jeunes d'être accueillis dans 70 centres et l'objectif est d'en accueillir 35.000 dans une centaine de centres "sur 2021 et en débordant sur 2022", a indiqué à l'AFP Vincent Cristia, directeur général délégué de l'Afpa.
Cela permettrait d'accueillir environ un jeune de 16-18 ans sur deux parmi ceux qui ne sont aujourd'hui ni à l'école, ni en emploi, ni en formation, selon les estimations des ministères.
L'objectif fixé à l'Afpa est d'assurer une "sortie positive" à 70% minimum de chaque promo, c'est-à-dire un contrat d'apprentissage, un contrat aidé, un service civique, une intégration dans un Etablissement pour l'insertion dans l'emploi (Epide) ou une E2C (école de la deuxième chance), une entrée en Garantie jeune, un retour à l'école, voire un emploi...
"Il faut d'abord réussir à repérer ces jeunes et les convaincre de venir, ce qui n'est pas facile. On s'appuie pour cela sur les Missions locales et les Centres d'information et d'orientation de l'Education nationale", explique M. Cristia.
Ils s'engagent ensuite pour un parcours de 13 semaines durant lequel ils participeront à 10 ateliers sur les compétences de base, la découverte des métiers, la construction d'un projet professionnel, mais aussi l'éducation à la santé, des activités sportives et culturelles, etc.
"Beaucoup de ces jeunes ont vécu des déceptions d'orientation. Il faut les aider à identifier leurs compétences et à se remobiliser sur un projet", résume M. Cristia.
Les premiers retours après deux mois montrent "que ces jeunes sont contents d'évoluer dans des milieux d'adultes", puisque "dans les centres Afpa, ils sont à proximité de groupes d'adultes en formation qualifiante sur des plateaux techniques dans lesquels ils peuvent faire une immersion de quelques jours pour tester leur projet", souligne-t-il.
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